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Qu'est ce que le Zen ?

 Qu’est-ce que le Zen ?

"Le zen, c'est zazen !", répondait Senseï Deshimaru. Shikantaza, « seulement s’asseoir », s’asseoir et rien d’autre, il est très difficile de nos jours de se consacrer uniquement à « l’acte » du moment présent, complètement, infiniment.

Zazen, la méditation (zen) assise (za), est le cœur du zen soto. Etre assis telle une montagne qui laisserait filer au dessus d’elle les nuages (les pensées) …

 

 Comment pratique t-on zazen ?

Pour pratiquer Zazen, on s'assied, les jambes croisées, sur un coussin appelé zafu. Grâce à ce dernier, le bassin bascule vers l'avant, permettant aux genoux d'appuyer fortement sur le sol. Il est ainsi possible d’avoir le dos bien droit aligné sans tension excessive mais sans relâchement. Zazen est très tonique.

La verticalité du corps favorise la respiration ample, puissante et délicate. A son tour, l’expiration influence l'esprit (le mental) : une respiration tranquille, profonde, libère l’être de toute pensée trop prégnante. C'est là la véritable pratique de zazen. S'asseoir sans intention. Sans but. Sans même vouloir atteindre l'Éveil ni même y songer d’ailleurs …

 

 Où peut-on pratiquer zazen ?

De nos jours il existe en France beaucoup d’endroits pour pratiquer régulièrement zazen. Il n'est pas nécessaire de séjourner en Orient pour recevoir le véritable enseignement du Zen. On peut pratiquer zazen dans un dojo, ici, en veillant à ce que ce dernier soit conduit par un moine où une nonne.

Cependant, le vrai Zen est ici et maintenant, dans notre corps et dans notre esprit, c’est très exactement notre vie telle qu’elle est ! La pratique de zazen nous y ramène. Il n'y a rien à obtenir. Rien à devenir. Il n'est pas nécessaire de courir après la vérité, de fuir quoi (ou qui) que ce soit. Être simplement présent ici et maintenant, dans notre cœur/corps/esprit.

Alors naturellement, inconsciemment, automatiquement apparaît la conscience profonde, universelle, illimitée. C'est pourquoi le Zen a une valeur inestimable pour l'homme affairé d’aujourd’hui, ou du moins pour celui (ou celle) qui a des yeux pour voir et des oreilles pour entendre. Par la pratique régulière de zazen, il a la possibilité de devenir un homme neuf en retournant à l'origine de la vie, au point zéro ….

C’est incroyable !

 

 Zazen ressemble t-il au yoga ?

Zazen est très certainement à l’origine une posture du yoga, mais n’a rien à voir avec le fait de devenir ou obtenir quelque chose, rien à voir avec le « bien-être » par exemple ou la fameuse attitude « zen » signifiant « cool ».

Zazen c’est l’Eveil, c’est exactement la posture d’éveil, sans rien n’y retrancher sans rien n’y ajouter …

"Zazen, ce n'est pas apprendre à méditer. Ce n'est rien d'autre que la pratique et la réalisation d'un éveil parfait." Dôgen Zenji .

 

 Pourquoi certaines personnes sont-elles habillées de noir ?

Le port du kimono noir n'est absolument pas obligatoire. Sont recommandés, par souci de confort, des vêtements amples (surtout ceux qui ne serrent pas la taille et les jambes). Il est toutefois demandé de porter des vêtements de couleur sombre et neutre pour maintenir l'unité de forme dans le dojo et ne pas perturber les autres.

Certaines personnes portent le kimono uniquement par souci d'harmonie avec les autres, pour marquer également comme une sorte de « séparation » entre ce qui peut être du domaine du profane et du sacré. L’harmonie étant une dimension primordiale dans le dojo, un pratiquant régulier et sincère aura à cœur de l’exprimer ainsi afin que chacun puisse selon les dires de Senseï « se mélanger comme le miel et le lait ».

Enfin, vous serez peut-être intéressés de savoir qu'il y a kimono et kolomo. Tous deux très semblables, le kimono peut être porté par tout individu quant au kolomo, il est porté par les moines et nonnes (il a les manches beaucoup plus larges et se porte sur un kimono blanc).

 

 Comment se déroule une séance de zazen ?

Généralement un zazen dure soit 1 heure 15, soit 1 heure 30.

Une séance de zazen débute 2 à 3 minutes avant l'heure précise par la frappe du bois (séquence particulière de coups) qui invite les personnes à entrer dans le dojo et à aller s'asseoir face au mur. Au moment précis du début du zazen, on sonne la grosse cloche, ce qui indique que l'on ne doit plus bouger. Le responsable du dojo et son assistant présentent alors l'encens à Bouddha, puis s'asseyent (ils font face à l'autel).

Une fois passée la durée pour la première assise (une séance correspond à deux zazen entrecoupés de kin hin) on sonne la fin de la première partie (deux coups de petite cloche) et le début de kin-hin. C'est une marche méditative en silence qui se déroule jusqu'au moment où quelqu’un sonne la petite cloche et invite les participants à aller se rasseoir. Débute alors la deuxième partie de zazen, durant laquelle le responsable du dojo lit (ou pas !) un kusen (enseignement oral). A la fin de la deuxième partie, et seulement le mardi soir, il peut y avoir une petite cérémonie ponctuée par le chant de l’hannya shingyo (sutra du cœur de la Grande Sagesse qui permet d’aller au-delà) … Pour le jeudi soir, le zazen peut se terminer par un échange informel ou un mondo (question/réponse entre un pratiquant et le responsable du dojo).

 

 Pourquoi médite t-on face au mur ?

Voilà une des caractéristiques du zen soto (dans l'école zen rinzaï, on se place face aux autres). Notez que si vous désirez néanmoins "savoir ce qu'il se passe derrière votre dos", vous ne devez pas hésiter à le faire savoir à la personne responsable du dojo qui vous proposera de passer tout ou partie de la séance face à l’autel …

Etre face à un mur est à la fois plus facile et plus difficile. D'un côté, l'attention n'est pas constamment sollicitée par les autres, d'un autre côté, on est face à soi-même, c'est à dire face à la difficulté de maintenir son attention sur la posture et la respiration, et non pas sur ses pensées et son monologue intérieur. Etre face à soi-même, c'est comme s'observer dans un miroir : on y voit ses pensées, ses émotions et les réactions de notre corps qui apparaissent puis disparaissent. Parfois, on voit qu'elles s'accrochent, parfois pas. Bref, intuitivement et progressivement, on apprend à se connaître et, petit à petit, on défait des nœuds et on stabilise nos pensées et nos sensations. On fait alors connaissance de manière de plus en plus approfondie avec notre véritable esprit, on devient intime avec soi-même …

 

 Doit-on pratiquer ensemble, dans un dojo ?

 Il est primordial de pratiquer zazen régulièrement avec d'autres, et ce pour plusieurs raisons :

 Lorsque vous vous rendez régulièrement dans un dojo, vous faites en sorte que zazen ne dépende pas de votre humeur du moment. Zazen est un puissant miroir qui nous place face à nous-mêmes, sans fioriture ni fanfaronnade possibles. C'est souvent pendant les zazen un peu difficile ou laborieux que nous en apprenons un peu plus sur nous-mêmes …

Le maître zen dit souvent : "Ne vous illusionnez pas vous-même". Au dojo, le responsable surveille les postures et, si nécessaire, corrige ou fait des remarques. Lorsqu’on pratique seul, on ne dispose pas de ces possibilités et on court le risque de se faire des illusions sur sa pratique. Lorsque l'on fait (uniquement) zazen seul à la maison, il est très facile de se perdre !

Une autre bonne raison pour laquelle il est préférable de faire zazen dans un dojo réside sans aucun doute dans l’influence qui existe entre les pratiquants. On peut comparer cette interaction réciproque à un feu de bois. Une bûche produit peu de chaleur. De nombreuses bûches forment un feu de tous les diables.

Ne vous y trompez pas, faire zazen seul est difficile. On perd rapidement la concentration sur la posture et la respiration. Lorsque l'on fait zazen en groupe, on est porté par la concentration, le silence, l’immobilité des autres. En outre, tout le monde pratique ensemble, anciens comme débutants … Sans distinction.

 

 Pourquoi chante t-on l’Hannya Shingyo ?

L'Hannya Shingyo est la version en sino-japonais ancien du Prajna Paramita (qui est l'essence du Sutra de la Suprême Sagesse, l'essentiel d'un ensemble de sutras, c'est-à-dire écrits des paroles du Bouddha historique, contenus dans 600 ouvrages; c'est le texte central du Bouddhisme Mahayana). Il n'est bien sûr pas obligatoire de le chanter. On le scande cependant à la fin du zazen du mardi pour nous permettre de nous extérioriser à nouveau, et ainsi nous préparer à sortir du dojo en passant progressivement de cet état particulier de vigilance absolue et de concentration tranquille qu'est zazen pour nous plonger dans le monde et toutes ses sollicitations diverses et variées.

Le mot "sutra" veut également dire : "enseignement". Chanter l'Hannya Shingyo après chaque zazen permet de se rappeler cet enseignement, par l'attention portée sur le souffle et chaque kanji.

 

 Pourquoi une terminologie japonaise ?

Il est évident que nous pourrions parfaitement nous exprimer uniquement avec des mots français. Cela nécessiterait cependant d'utiliser des images pour décrire des objets, séquences et situations qui n'ont pas d'équivalent en français (quelle est l'équivalence en français des mots shikantaza, hishiryo, zazen, shin, etc.?). L'utilisation des termes japonais permet ainsi de simplifier notre langage et de maintenir notre attention sur ce qui compte : l’attention portée sur notre posture et notre respiration en laissant passer les pensées.

Par ailleurs, tous les textes chantés et mots utilisés sont extrêmement anciens. Leur utilisation permet de maintenir une simplicité et une transmission dans l'enseignement qui est transmis depuis plus 2500 ans.

 

 Quelle est la relation entre zen et boudhisme ?

Le Zen est une des différentes écoles du Bouddhisme, lui-même issu de l'Inde. Une fois que l'enseignement de Bouddha s'est propagé au restant de l'Asie, il s'est adapté aux différentes cultures. Il est ainsi arrivé en Chine (T’chan) puis au Japon (Zen). D'autres chemins ont amené le Bouddhisme dans l'Asie du Sud-est (école Theravada).

Ainsi la "source" est la même pour toutes les écoles Bouddhistes mais la particularité du Zen est de mettre l'accent sur la posture d’éveil, la Grande Assise Silencieuse (zazen).

 

 Tout le monde peut-il pratiquer ?

Complètement. Un excellent exemple est la pratique de zazen par certains moines chrétiens. Peu importe votre profession de foi, votre croyance (ou l’absence de croyance), votre religion, votre appartenance, votre couleur de peau ou votre sexe, … seule l’expérience directe est observée.

 

 Qui sont les deux personnes en photo près de l’autel ?

Il s’agit des maîtres Kodô Sawaki et bien sûr Taisen Deshimaru qui est à l’origine de l'établissement du Zen en Europe. Arrivé en France en 1966, seul, démuni, ne parlant pas le français, Deshimaru consacre son temps à l'enseignement de zazen et à l’animation de conférences un peu partout.

A partir des années 70, le nombre des disciples devient de plus en plus important et une véritable communauté (sangha) se crée. L'Association Zen d'Europe est créée en 1970 (qui deviendra l'Association Zen Internationale en 1979). En 1972, Taisen Deshimaru instaure en France, l'ancienne tradition des camps d'été, tradition qui se perpétue depuis le Bouddha historique.

D'année en année, en différents endroits de France, des centaines de personnes se réunissent autour de lui pour suivre son enseignement. Au cours de toutes ces années, il dirige quotidiennement les zazen ainsi que des sesshin (pratique intensive) un peu partout en Europe. Simultanément, il traduit, commente et publie les écrits des grands maîtres du temps passé.

Il fonde le temple de la Gendronnière en 1980 et plus de 100 Dojo en Europe avant qu'un cancer particulièrement violent l'emporte au printemps 1982 …

                                       

 Comment pratique t-on ?

Pour la pratique, on s'assoit sur un coussin noir, rond et épais (zafu), les jambes croisées en demi-lotus. Le bassin est basculé en avant, de sorte que les genoux s’appuient sur le sol. A partir de cette fondation, la colonne vertébrale se redresse naturellement. On pousse ainsi la terre avec les genoux et le ciel avec le sommet du crâne. Le menton est rentré, la nuque étirée, les épaules sont naturellement relâchées. Les yeux sont mi-clos, le regard posé sur le sol à un mètre devant soi qui ne fixe rien …

La main gauche est posée sur la main droite, les paumes vers le haut. Les pouces se rejoignent dans le prolongement l'un de l'autre en s’effleurant à peine, tranchant des deux mains posées sur le haut des cuisses, en contact avec l'abdomen à quelques centimètres sous le nombril (hara).

Chaque détail de la posture a une profonde signification, vraiment profonde. Les différentes parties du corps sont interdépendantes et s'influencent mutuellement ; la posture acquiert une formidable stabilité.

Inconsciemment et naturellement, nous cessons d'agir par la volonté de l'ego et nous pouvons ainsi re-découvrir (dévoiler) notre nature de Bouddha. Pendant zazen, la respiration est tranquille et s'établit à un rythme tranquille, puissant et délicat à la fois. L'expiration est longue et profonde. L'inspiration, plus courte, vient naturellement. Cette expiration lente, calme et profonde balaie les complications du mental. L'esprit devient clair comme un ciel sans nuages.

De même que la respiration juste ne peut surgir que d'une posture correcte, l'attitude de l'esprit découle naturellement d'une profonde concentration sur la posture et la respiration. En zazen, les images, les pensées, les formations mentales surgies de l'inconscient passent comme des nuages dans le ciel et s'évanouissent naturellement. Sans entretenir de pensées personnelles, la conscience hishiryo, cet « au-delà » de la pensée et de la non-pensée, apparaît.

C'est le retour à la condition originelle de l'esprit.

Par la pratique de zazen, les fonctions nerveuses, cardiaques et respiratoire se régularisent. Le cerveau réagit au stimulus, mais revient très vite au rythme propre au zazen ; de ce fait, le stress ne peut se développer.

Nous insistons sur le fait que zazen est sans but et sans finalité, bien au-delà du profit personnel. Le zen mahayana met l'accent sur l'aspect altruiste de la pratique. Zazen est pratiqué pour et avec toutes les existences, et toutes les existences pratiquent avec nous.

Zazen influence l'être entier, corps et esprit. Par la pratique régulière, la compréhension de notre propre vie s'approfondit. Cette co-naissance se reflète ensuite dans toutes nos actions quotidiennes. Lorsque dans chaque acte de la vie l'esprit reste le même que celui de zazen, nos actions sont naturellement justes.

Comme en zazen, nous pouvons être totalement présents à l'instant, dans la plénitude de l’"ici et maintenant". Notre mental est pacifié, sans complication, sans calcul, sans peur. L'égoïsme diminue et nous suivons plus consciemment le courant de la vie. Ainsi, notre relation aux autres devient plus apaisée, plus transparente. L’empathie se manifeste, la sagesse apparaît. Nous pouvons alors aller à l'essentiel et l’existence devient plus simple. Zazen est la forme achevée de notre humanité.

C'est le bonheur véritable, l'authentique liberté.

   Pourquoi s'incliner devant un autel ?

Lorsqu’on franchit le seuil du dojo, on s’incline en "gasshô" devant l’autel. On salue le lieu où des personnes vont s'asseoir et méditer. On salue la posture, on salue également la chaîne ininterrompue des pratiquants qui depuis Bouddha ont transmis le zen jusqu’à nous. C'est un geste (une attitude) qui exprime notre profond respect. Les mains jointes, le haut du corps légèrement incliné vers l'avant : c'est véritablement la manifestation de notre esprit calme, attentif, respectueux. Néanmoins cela n'a rien à voir avec un culte quelconque. Nous pensons en effet qu'en faisant zazen, nous retrouvons automatiquement et naturellement l'origine et l'essence de notre esprit : notre état de Bouddha.

Voilà pourquoi nous témoignons à travers ce geste notre infinie gratitude.   

 

 Utilise t-on un bâton lors des séances de zazen ?

Ici, de façon très rare. Dans le zen le bâton d’éveil (kyosaku) est un « instrument » de grande importance. Il est placé sur l'autel et manipulé avec respect.

En Occident, le coup de kyosaku est souvent proposé à la fin du premier Zazen et est porté à la demande de l'intéressé qui souvent en a besoin à ce moment-là.

- au Japon, le responsable du kyosaku peut administrer un coup à tout instant - Le coup est donné sur une zone riche en points d'acupuncture, à la base du cou, près des trapèzes.

Il est à la fois tonifiant et calmant.

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