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Progression, intuition et feux follets

Sur le chemin de la Voie Spirituelle il est bien peu aisé de faire un état de sa progression et encore moins d’en préciser l’avancement pour tout autre personne que soi. Et pour cause, le développement est toujours adapté à la nature de chacun et il ne s’agit pas de découvrir quelque étrangeté, mais de nous découvrir nous-mêmes. Littéralement : nous dé-couvrir.

Nous pouvons donc seulement tenter d’en éclairer  modestement quelques aspects en gardant bien en mémoire qu’il s’agit d’attraper le « fil d’Ariane » et d’aller jusqu’au bout.

A mesure que le pratiquant parvient de plus en plus longtemps à pacifier son mental - que la conscience se dégage des dix mille activités où elle s’éparpillait - se fait jour une lumière intérieur comme un « être dedans » qui vibre et grandit pour finir par rayonner dans nos méditations, quelques fois dans nos rêves et finalement les yeux grands ouverts.

Le cherchant immobile et tranquille ne cultive pas le silence pour devenir une pierre dure, froide, inerte et sans vie ; ce silence là n’est pas la mort. Il est vibrant, intensément vivant au point de se sentir  parfois presque à l’étroit dans son propre corps. Le silence n’est pas une fin, mais plutôt un moyen, comme un instrument pour interpréter une mélodie, et il y a bien des musiques, bien des combinaisons possibles.

A l'infini.

Il y a dans cet « espace » des milliers de minuscules expériences, presque imperceptibles au début, qui jaillissent de ce Silence.

Parfois une pensée - non pas vraiment une pensée - quelque chose de l’ordre de l’éclair lumineux traverse cet espace et nous savons exactement ce que nous avons à faire, comment nous devons le faire, dans les moindres détails, comme les pièces d’un puzzle s’assemblant en une fraction de seconde et surtout avec une évidence naturelle et sûre d'elle-même. C'est beau et troublant.

Là où un problème se pose, nous restons assis, sans bouger et la réponse vient claire, irréfutable, concrète, alors nous rencontrons (heureuse coïncidence) telle personne, nous vivons telle expérience, telle circonstance.

Ne "pas bouger", est la première des clés qui ouvre le champ infini des possibles, mais si le mental s’en mêle un tant soit peu - mimétisme ridicule d’un singe invétéré dont l’agitation est permanente - alors tout se brouille, s’embrouille et nous prenons de vulgaires feux follets pour de glorieuses illuminations.

                                                

zazen zen méditation Silence

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