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Le dés-espoir du bodhisattva

 

En un éclair le monde tout entier s’est effacé. Disparus l’horizon, les montagnes les lacs et les forêts, disparue la vie intérieure chaude et intime révélant un abîme sans fond de non-existence, un béatifique néant.

Le vide ressenti jadis comme impossible se déploie désormais dans les dix directions jusqu’à provoquer la nausée. C’est cet écœurement du néant qui dirige chacun de nos pas et qu’il convient de traverser, agissant ou résigné, moine ou laïc, cherchant un soutien auprès d'autres êtres ou seul devant la paroi abrupte et grise de l’ennui.

Et la solitude éternelle quelle que soit la posture utilisée, yeux pleinement ouverts le jour, mi-clos en zazen ou fermés dans nos rêves, silencieux ou bavard, agité ou immobile, ne renferme vraiment aucun apaisement.

Seul demeure, là, tout au fond un étrange calme, plat, immobile, comme une terre desséchée dont l’attente vaine d’une eau salvatrice devient presque désespoir …

C’est donc à cela que l’on parvient ?

La souffrance et le malaise d’être sont sans fin. Même si j’entre à l’instant dans ce nirvana, me soustrayant ainsi aux contingences de la roue de la vie, du désagrément qui il y a à mourir sans en avoir terminé avec la « soif » d’existence, et le désir insatiable, un nombre infini d’êtres connaîtront les épreuves du samsara et de la finitude …

La destinée humaine, la « ronde infernale » est-elle donc sans issue ?

Celui qui pense se sauver est encore dans l’illusion, même s’il est au seuil de l’illumination. Illusoire est le moi, illusoire est le salut. Sa nature profonde étant celle de tous les êtres sensibles, leur souffrance sera toujours la sienne !

C’est là le dés-espoir du bodhisattva !

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