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Crise évolutive

Pour tout "débutant", les premières expériences de zazen passent inévitablement par le délicat apprentissage de la posture, qui se révèle, bien souvent, brute, aride voire douloureuse , donc éloignée des préocccupations actuelles. Il est alors essentiel de ne pas céder à la panique, de persévérer, de se faire "accompagner" afin de finalement trouver un certain "confort" dans le corps lui-même, dans l’irrésistible ancrage du ventre que soulève l’expiration profonde ...

Pour découvrir la tranquillité de l’esprit - la Paix Intérieure du Sage - il nous faut bien étirer la colonne vertébrale vers le haut, naturellement, en abandonnant nos préjugés, nos certitudes, nos opinions personnelles et tout ce magma de préoccupations diverses et variées, la situation économique, la dette … Bien sûr il y a lieu d'être attentif et sensible à notre époque, et bien sûr il faut se concentrer et agir par rapport à sa propre situation plus ou moins délicate. Bien sûr. Mais il ne s'agit pas de cela. Ici. Dans le dojo ... Senseï Deshimaru répétait souvent qu'il nous fallait suivre l’ordre cosmique, s’harmoniser avec le mouvement de l’univers, notre expiration faisant écho à son actuelle expansion.

Changement. Crise. Evolution ou révolution ?

Tendre la nuque, rentrer le menton, détendre les épaules en les amenant doucement vers l’arrière afin de bien dégager le plexus solaire, basculer le bassin vers l’avant et maintenir résolument nos genoux en contact avec le sol. Le regard est posé à un mètre devant soi, il ne fixe rien, les yeux sont mi-clos. Si notre tête est bien alignée, les yeux se positionnent naturellement, sans tension. Détendre les muscles du visage, la mâchoire. À l’intérieur de notre bouche doit se former une cavité souple, la pointe de la langue est en contact avec le palais.

Ressentez profondément tout cela et seulement cela.

Souvent, nous avons l’impression de trop saliver, alors qu’en réalité c’est la quantité naturelle pour le bon équilibre du corps. Lorsque vous expirez, faites le profondément, doucement, complètement en maintenant la sangle abdominale, ce qui correspond à exercer sur votre ventre la même pression que l’enfant qui ramasserait un petit poussin : vous avez le poussin dans la main (votre souffle) et vous exercez juste la pression nécessaire pour qu’il soit maintenu – Le poussin, c’est l’énergie de votre souffle.

Ressentez cela.

Inspirez profondément en ressentant l’air qui pénètre par vos narines. Et au moment de l’expiration, allez jusqu’au bout, afin que l’acte d’inspirer soit provoqué naturellement par le corps et non plus par la volonté.

Pratiquer zazen ensemble au dojo, c’est laisser toutes ses idées formatées au vestiaire, c’est se dénuder totalement pour revêtir un simple kimono noir, se débarrasser de ses vêtements sociaux. Quand on dit “abandonner ses opinions personnelles”, cela ne signifie pas, "je n’ai aucune opinion” ou "je me fiche de tout" … Bien au contraire, c’est enlever ses défenses qui nous font oublier d’être là, vigilant, ouvert, disponible à l'écoute du son du monde, à l'écoute du changement. Tout est changement nous dit le bouddhisme.

Zazen ce n’est pas le néant, ce n’est pas professer le vide total qui amènerait à votre nième manipulation, c’est au contraire, abandonner ce qui nous encombre, ce qui nous retient prisonnier, afin de découvrir la véritable liberté, la véritable musique derrière ... "tout ça".

Naturellement ; lorsqu’on débute, nous passons pas une phase, plus ou moins longue, d’avides attentes. Et naturellement les inquiétudes peuvent être fondées et légitimes. Alors, il faut du temps pour comprendre que zazen, c’est simplement s’asseoir sur son zafu . Beaucoup de temps, des années … Avoir confiance en zazen, avoir foi en zazen, seulement expirer profondément, le dos droit, et penser du tréfonds de la non-pensée … Il faut du temps passé sur son coussin, des heures et des heures pour suivre l'ordre cosmique.

Un autre point important est qu’il est préférable de pratiquer au sein d’un petit groupe (sangha) sous la direction d’un moine ou d’une nonne, plutôt que seul. Il faut faire preuve de discernement, d’intuition et ne pas rechercher de maître pour la voie du zen. Les maîtres dans le sens compris par la majorité des gens, il n’en existe pas. "Si tu voies le Bouddha, tue le Bouddha!"; dit la maxime zen, et si tu croises un "maître" commence par lui ficher ton poing dans la figure renchérie le pratiquant authentique. La quête d’un « bon » maître peut vous amener à perdre votre temps et vous éloigner définitivement de la simple pratique. Participer régulièrement assidûment, au sein d’une communauté – dans la mesure de vos moyens et disponibilités - avec des personnes plus anciennes mais aussi plus jeunes dans la pratique que vous est la plus fiable et la plus merveilleuse des voies.

 

Tout le sens de la pratique est dans ce partage là, dans ce chemin parcouru avec d'autres. Car "seuls jouent ensemble" ceux (et celles) qui suivent sincèrement la Voie du Bouddha (Butsu Dô).

 

Bien à vous dans le Dharma.

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Tu penses que l'ascète

Dans sa cave ou sur le sommet de sa montagne

Est une pierre et un fainéant.

Qu'en sais-tu ?

Peut-être emplit-il le monde

Des puissants courants de sa volonté

Et le change-t-il par la pression de son état d'âme.

Sri Aurobindo

 

 

 

dukkha destinée Conscience zazen

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