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Bardo Thödol

Sauf circonstance particulière, nous n’accordons pas suffisamment d’importance à la notion de « passage », d’intervalle, cet « espace » si subtil entre deux « mondes », deux « états », ce « pont » entre deux rives , entre dérive … Qui d’entre-nous est véritablement conscient du fugace instant qui sépare l’expir de l’inspir ? Instant entre rêve et éveil, entre nuit et jour, entre vie et mort ?

Intervalle de fluidité parfaite, cet « entre-deux … eaux » est silence parfait, vacuité ...

Alors, « apprendre » la mort ? … Non. Apprendre à mourir ? … Oui, pourquoi pas ? Puisque là, réside (peut-être) la Pleine Conscience du Sage qui n’est pas acceptation crédule et idiote mais, participation active et heureuse, expérience joyeuse du mouvement même de la Vie. Ce mot même de Vie qui n'appelle pas de contraire ; la mort étant l’opposé de la naissance, où le chemin inverse ? La vie qui est UNE, indéniablement, irrémédiablement … Inconditionnellement.

 

En fait, ce livre des morts tibétain - Bardo Thödol - parle bien de la Vie ! Il nous éclaire dans la connaissance de notre propre Esprit, qui, lors de sa « séparation » du corps, à l’ultime souffle, va éprouver dans toute l’acuité dont il est capable alors, des « situations » prodigieusement merveilleuses et douloureuses … Qui ne sont que projections de Lui-même. Un peu, comme nos nuits actuelles, emplies de rêves et de cauchemars issus de notre subconscient, dont l’intensité (si souvent) nous subjugue … Seulement, dans le cas présent, il n’y a plus de corps - ou bien un corps que l’on perd ... peu à peu – donc plus de « réveil » possible, ou alors, ailleurs … Dans une autre dimension du fait de l’énergie colossale du karma.

 

Il peut y avoir également « errance » perpétuelle (?) dans l’un des six mondes bouddhiques ; souffrance infinie, désespoir incommensurable, car nous sommes seuls, perdus … Nous n’avons plus le réconfort du corps, la relative opalescence qu’il nous a prodigués si généreusement nous permettant de ne pas « nous voir », ou alors à travers des prismes qui nous faisaient plus « beaux » que nous ne sommes  (peut-être) …

Alors ... Alors ici, maintenant, tout explose.

Plus de certitudes, plus de faux semblants, la réalité crue, sans fards ni faux semblants.

 

La foudroyante Lumière qui ne laisse aucune zone d’ombre, n’autorise aucune cachette … Destruction de l’Ego ? Entre Folie et anéantissement, que choisir ?

Non.

Il y a autre chose à comprendre, vraiment il y a autre chose. Autre chose à comprendre, maintenant, ici !       

 

  A suivre ...

tibet impermanence bardo

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