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Four seasons of life

Les quatre saisons de la vie

selon les Védas Inde ancienne

 

PREMIERE SAISON


3x7 ans ; jusqu’à l’âge de 21 ans, l’être est formé dans son corps et sa psyché ...

Morning zazen


SECONDE SAISON


Les 3x7 ans qui suivent sont consacré aux devoirs,  soit 42 ans sont nécessaires au brahmane pour remplir sa tâche sur terre,

pratiquer le rituel conforme à sa caste, établir sa famille, servir la société, ...

Mid day zazen

TROISIEME SAISON


 A l’âge de 63 ans, le " grand sommet ", le brahmane a vu grandir et s’établir ses fils, a marié ses filles et leur a transmis la tradition.

Il est un homme libre. Il peut maintenant se préparer à délaisser ses liens terrestres ...

Evening zazen


QUATRIEME SAISON


Quand il se sent prêt, il s’engage dans la quatrième étape – celle du renonçant, demeurant dans la forêt ou marchant de village en village,

vivant des aumônes qu’on lui accorde de tout cœur, il est devenu désormais témoin d’immortalité. 

Night zazen 1

Du renoncement au début, au milieu et à la fin


"Souvent, je remarque qu’il est beaucoup plus facile d’accumuler que de se débarrasser. L’air de rien, nombre de choses qui sont offertes au fil du temps s’entassent peu à peu. Un jour, on se réveille, on prend soudainement conscience qu’on s’est laissé envahir. Une grosse valise n’est plus suffisante pour transporter tous ses biens. Voilà alors une belle occasion de faire un peu de renoncement. On réfléchit à ce qui nous est vraiment utile : Le bol, la robe, une serviette, quelques savons, dentifrices, brosses à dents, des médicaments, un coupe-ongle, un ordinateur, quelques livres, quelques cédéroms, un réveil-matin, une lampe de poche, les lunettes, les papiers importants. Ensuite, on fait des heureux avec le reste.

On pourrait aussi partir vivre tout nu dans la forêt, sans rien emporter du tout. On dormirait sur des ronces infestées de bêtes venimeuses, sans le moindre toit, en dépit des nuits hivernales et des pluies battantes, sans manger autre chose que les champignons et les fruits pourris trouvés dans la nature. Hormis une souffrance abominable et même la mort, on n’en tirerait probablement guère de gros avantages. Malheureusement, il existe de nombreux individus qui confondent renoncement et dépouillement. Le renonçant n’est pas tant celui qui se défait de tout ce qu’il a sous la main que celui qui se défait de tout ce qui est superflu. Il est celui qui s’entraîne continuellement à se défaire non pas des objets propices aux attachements, mais des attachements eux-mêmes. En effet, il ne suffit pas de se retrouver tout nu dans la nature pour être débarrassé de ce qui nuit plus que tout : les attachements.

Ainsi, qui fait le choix du renoncement s’entraîne à éviter autant que possible tout ce qui est susceptible d’engendrer des attachements, des plaisirs futiles, des sensations propres à créer des concepts illusoires, c’est-à-dire autant d’obstacles à la vision simple et directe dans la réalité. Seul un renonçant est en mesure de fuir les apparences trompeuses du monde, pour regarder enfin la réalité en face. Ce n’est donc pas en se mettant à nu qu’on renonce, mais en s’entraînant petit à petit. C’est en renonçant qu’on devient renonçant.

Bien sûr, tout le monde n’est pas prêt à renoncer du jour au lendemain à ses multiples petits plaisirs quotidiens. Néanmoins, tout le monde est prêt à s’entraîner peu à peu à réduire ses petits états d’esprit indésirables qui empoisonnent sa propre existence ainsi que celle de son entourage. Parce que la purification du mental n’est pas une question de faire de bonnes choses, mais seulement de ne pas en faire de mauvaises. C’est comme le secret d’un royaume propre : ce n’est point de bien le nettoyer, c’est simplement de ne pas le salir. À chacun de savoir régner sur son mental.

Pour reparler des trois piliers de base de toute la pratique qui, à terme, conduit à la réalisation de la pleine sagesse, là aussi tout est une question de renoncement.

1) L’entraînement à la générosité : un renoncement au matériel, à ses possessions.

2) L’entraînement à la vertu : un renoncement aux mauvaises habitudes, aux actions nuisibles.

3) L’entraînement à la concentration : un renoncement aux pensées et sensations qui encombrent l’esprit, et à terme, aux impuretés mentales. On s’aperçoit donc que la voie qui mène à la délivrance définitive de la souffrance est bien une histoire de renoncement au début, au milieu et à la fin."

 

Meditation of a warriorRetour vers le présent


"Pour la saison des pluies, je me suis installé dans le petit monastère près de Maymyo, afin d’y terminer tranquillement ce livre. Aujourd’hui, 10 août 2005 (calendrier chrétien), je me trouve dans mon cabanon en bois, assis par terre, les doigts dansant sur le clavier de mon petit ordinateur. Maintenant, 19h10 (heure birmane), je suis en train de rédiger ces lignes. J’ai rejoins le présent, et c’est ce que je souhaite de plus cher à tout un chacun : être pleinement dans le présent, à chaque instant de la vie, car la réalité ne se trouve nulle part ailleurs que dans le présent. Effectivement, ni le passé, ni le futur n’existent, puisqu’ils ne sont que des pensées apparaissant au présent; et une pensée, ça n’est que du vent! À l’instant où les souvenirs passés étaient expérimentés, ils appartenaient bel et bien au présent. Quand on renonce à tout, plus rien n’entretient le mental dans les rêves du futur, ni dans les nostalgies du passé, on reste dans la seule chose qui demeure : le présent. De ce fait, on fait connaissance avec la réalité, le plus naturellement du monde.

Aujourd’hui, je me sens bien. Non pas que j’éprouve de la joie, mais simplement que je suis sans tourment. Un peu comme une rivière dans son lit, je laisse aller les choses d’elles-mêmes, et tout se passe pour le mieux. Si j’ai souvent voulu expérimenter les choses les plus variées et les plus intenses, aujourd’hui je n’aspire qu’à la plus simple et la plus paisible des existences.

Je me sens léger, car ma tête n’est pas inondée de projets. Je ne vois plus quelle expérience particulière pourrait encore me tenter (mis à part dans la méditation). Il est donc très probable que le reste de mon existence se résume à quelques retraites – comme pratiquant ou comme guide –, quelques écrits et traductions, quelques déplacements et rencontres, quelques études de textes (essentiellement l’enseignement de Bouddha) ou de langues, quelques pages Web, et une profusion de courriers électroniques. Peut-être le moment est-il venu d’organiser la fondation d’un monastère en France ou en Suisse?

Ce que nous attribuons généralement à la notion de réussite, ce sont les gros gains financiers, la haute position sociale, politique ou populaire. Sur le plan de l’avidité et de l’orgueil, c’est certainement là une belle réussite! En tout cas, je crois plutôt que réussir sa vie, c’est précisément ne plus avoir la moindre ambition. Pour certains, c’est criant d’évidence, mais pas pour tout le monde. En toute sincérité, même si je n’ai pas encore accompli tout ce qu’il y a à accomplir, je pense avoir déjà bien mieux réussi cette vie qu’en étant à la tête de l’entreprise la plus florissante de la planète, président de la République, ou même, prix Nobel de la paix. Pour moi, ces choses-là ne valent rien, car elles ne mettent pas à l’abri des vrais problèmes de l’existence, et peut-être même que c’est le contraire.

Comme toute chose … ce livre a le caractère de l’insatisfaction, car il n’apporte aucun bonheur éternel ; il n’existe pas par lui-même, car il n’est que le résultat d’une suite de causes et effets ; il ne dure pas indéfiniment, car il a une fin.

Ainsi, nous allons nous quitter ici. Je vous adresse mes meilleurs vœux de succès sur la noble voie de la connaissance de la réalité.

Je serais honoré de pouvoir vous rencontrer, vous entendre ou vous lire, car maintenant, cher lecteur – chère lectrice – de ce livre, c’est à votre tour de me raconter votre vie!"

 

Achevé d’écrire le 10 août 2005, à Thaya (Birmanie)

impermanence voyage

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