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Vie antérieure

Sur le champ de bataille, un coup de tonnerre éclata et le ciel se couvrit de nuages très noirs.

Alors une ondée de pluie et de grêle ravagea les feuilles des arbres aux  alentours,

et des tornades de vent secouèrent la forêt comme si la fin du monde approchait.

 

 

Puis la tempête cessa brusquement. Le ciel redevint uniforme et le soleil réapparut à travers les branches dénudées. C’est alors qu’un vol d’oiseaux survint et se posa sur un grand chêne qui dominait la plaine. Ils se mirent à chanter de façon si étrange et si magnifique que le jeune chevalier, se mettant à rêver, ne sut bientôt même plus où il se trouvait et ce qu’il avait décidé d’accomplir. Encore subjugué par ce chant, il vit venir à lui, à grande allure, la horde adverse dont les armures resplendissaient sous la lumière. Reprenant ses esprits, il quitta la frondaison et s’engagea à la suite de ses nombreux compagnons d’armes qui forçant l’allure tenaient tous leurs lances roides et droites. Les lourds cavaliers se précipitèrent les uns contre les autres comme s’ils se haïssaient à mort depuis l’aube des temps.

Le choc fut effroyable.

Les lances éclatèrent et volèrent en éclats, les boucliers furent percés et les hauberts mis à mal. Ils s’assaillirent alors à l’épée, se frappant à tour de bras, dessus, dessous, déchiquetant les débris de leurs écus, se tailladant bras et flancs …

Le  chevalier restait inébranlable, solidement campé sur son cheval, ne lésinant pas sur les coups. Il avait son heaume fendu et bosselé, et son haubert si disloqué qu’il ne servait plus à rien, mais il savait – comme son code de l’honneur l'exigeait – qu’il ne céderait jamais.

Enfin, la bataille durant depuis plusieurs heures, il parvint à écarter le casque d’un prince qui en fut tout étourdi et saisi de frayeur, n’ayant jamais reçu un tel coup. De fait le fer avait fendu sa tête, jusqu’à la cervelle et du sang vermeil inondait la coiffe et le haubert. Le prince en éprouva une si intense douleur que le cœur faillit lui manquer. Il comprit bien qu’il était blessé à mort et que toute résistance était désormais vaine. Aussi piqua t-il son destrier, et prit-il son élan vers l’arrière. Le jeune chevalier éperonna sa monture avec fougue pour rattraper le fuyard mais ce dernier prit une grande avance. Il l’entraîna ainsi au cœur des gens d’armes adverses qui de plusieurs coups mortels portés à son cheval noir le précipitèrent à terre avec violence.

Le sang et la sueur inondèrent son visage quand il se releva près à faire face, mais il fut à nouveau jeté à terre par un coup terrible qui arracha son heaume et le laissa si affaibli que le temps ralentit subitement. Il aperçut l’enseigne de combat flottant devant ses yeux et comme dans un rêve il vit parfaitement l’homme plonger son épée en lui …

Il n’avait pas mal. Le temps s’était suspendu. Les cris s’étaient tus, le silence et une acuité inhabituelle faisait qu’il percevait jusqu'au moindre souffle de vent … Il allait mourir, mais n’éprouvait nulle peur, nulle angoisse. Il savait. Il avait déjà vécu ce moment, de nombreuses fois … C’était là son destin et son honneur de guerrier …

Il savait.

Notre action est l’éternelle affirmation de la liberté humaine … Nos pensées, nos paroles et nos actes sont les cordes du filet que nous jetons tout autour de nous.

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