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8 décembre - Rohatsu

buddha-candles.jpgR O H A T S U  signifie « huitième jour du douzième mois », ce jour célèbre l’éveil du Bouddha Shakyamuni. Il est de coutume à cette occasion de passer la nuit entière assis en zazen. Au Japon la période de retraite intensive – du 1ier au 8 - qui précède ce jour correspond aux 7 nuits que le prince Siddhartha passa au pied de l’arbre de la Bodhi à Bodh-Gaya dans le nord de l’Inde. 

Plus qu’un anniversaire ROHATSU se veut une actualisation de l’esprit d’éveil, ce mystère insondable que chacun dans le dojo  peut réaliser. Il ne s’agit pas d’imiter ou de nous identifier au bouddha historique mais bien de révéler le bouddha-en-soi.

Grâce à la posture qu’il a lui-même expérimenté il y a plus de 2500 ans - transmise exactement jusqu’à nous aujourd’hui de personne à personne – la grande assise silencieuse que rien ne trouble, nous pouvons appréhender (un peu) la formidable résolution, la persévérance, la foi inébranlable dont a du faire preuve le prince indien.

Il voulait comprendre la souffrance et y mettre un terme. Mais pas pour lui-même. Pas pour lui-même.

« Mon corps devrait-il se dessécher, ma peau et mes os n’être plus que poussière, tant que je n’obtiendrai pas l’éveil – si difficile à atteindre – je ne bougerai pas » …

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buddha-smiling-lying-down.jpgVoilà le récit de cette dernière nuit tel qu’il a été transcrit de la bouche même du Bouddha qui parle de lui à la troisième personne :

« Au cours de la première veille de cette dernière nuit, quand le bodhisattva eut concentré son esprit délivré de tout attachement, parfaitement pur, immaculé, résolu mais souple et aisé à mener, absorbé par le but à atteindre, il lui apparut la parfaite reconnaissance de ses vies antérieures. A savoir, une naissance, deux, puis trois, puis des centaines et des milliers de naissance, tout au long d’innombrables durées de création et de destruction.

Il pensait : « Je naquis alors en tel endroit, avec tel nom et tel caractère, je ressentais tels plaisirs et telles douleurs, etc … Après être sorti de cette existence, je renaquis ailleurs et ailleurs encore ».

Le bodhisattva reconnut ainsi chacune de ses vies avec leurs conditions et caractéristiques propres.

Lors de la seconde veille, au milieu de la nuit , le bodhisattva, ayant de nouveau concentré et aiguisé son esprit débarrassé de toute souillure, il le dirigea vers la connaissance de la naissance, de la mort et de la transmigration des êtres, beaux ou laids, illustres ou humbles, ayant des destinées heureuses ou mal-heureuses.

Il comprit que tous, sans exception, obtenaient rétributions de leurs actes - mais aussi de leurs paroles et mêmes pensées - suivant leur karma.

Ainsi de l’œil divin parfaitement pur, le bodhisattva vit que les êtres naissaient et mouraient suivant la conduite qu’ils avaient suivie. Alors au cours du milieu de cette nuit fabuleuse, il atteignit la seconde connaissance.

L’ignorance fut chassée, les ténèbres se dissipèrent, la lumière se fit inondant le prince d’une joie simple et tranquille. Simple et tranquille.

Le bodhisattva, sa pensée recueillie, parvenu à la dernière veille de la nuit, afin d’obtenir le remède à ce grand amas de souffrance et grâce à la connaissance sans pareil qui opère la destruction de tout fléau, prépara une nouvelle fois sa pensée et la dirigea fermement.

Lui apparut alors une nouvelle connaissance, celle de l’épuisement des impuretés. Il se dit :

« Moi, que voici, en cet instant je sais tout ce qui est. Telle est l’essence de dukkha (la souffrance, perpétuelle insatisfaction).»

Et c’est ainsi qu’à la dernière veille de cette dernière nuit, à la pointe de l’aube, au moment ou tous les hommes sont encore profondément endormis, le bodhisattva ayant embrassé d’un seul regard tout ce qu’un être humain peut voir.

Ayant su, connu et compris tout ce que l’on peut savoir, connaître, comprendre et voir face à face, s’illumina de la sublime et parfaite illumination.

little-buddha-05.jpgDès qu’il eut atteint le Complet Eveil, celui, qui en ce moment précis devint le Bouddha prononça ces paroles :

« J’ai traversé bien des naissances pris dans la roue sans fin du samsara, cherchant en vain le bâtisseur de l’édifice. Ô architecte de l’univers, maintenant je t’ai découvert. Plus jamais tu ne rebâtiras ta demeure. Toutes ses poutres sont brisées, son faîtage s’est écroulé. Mon esprit est délivré car je suis parvenu à l’extinction des désirs …

La route est coupée, la poussière a disparu, les ruisseaux sont secs."

Ainsi est survenue la fin de la souffrance.


 Puisse ce simple récit en ce jour anniversaire du 8 décembre 2011 vous guider dans  votre méditation.

bouddha Silence amour

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